Archives pour la catégorie ‘Dans les champs – la gazette de Céline’

La gazette du 7 au 11 janvier 2013

mercredi 9 janvier 2013

Je ne sais pas pour vous, mais pour nous cette année commence sur les chapeaux de roues. Mon beau-père a rejoint son créateur, nous laissant un peu… désorganisés.

C’est donc avec parcimonie que je vous souhaite une bonne année.

Donc je patauge un peu. Mais il n’empêche que je pense tout de même aux légumes. Les graines de bette ont trouvé leur barquette pour germer. Nous surveillons comme du lait sur le feu nos endives (mais elles sont loin de déborder comme le lait… donc encore au moins 15 jours de patience !!!). Nous couvrons le pissenlit, parce que de la neige est annoncée, alors les malheureux bouts de feuilles qui dépassent risquent de se faire brûler. Même sort pour les poireaux.

Comme chaque hiver, le tracteur refuse de démarrer. Petite variante, ce n’est pas le même.

Mon grand-père a déclaré forfait sur les bottes de carottes, encore que cela ne concerne que les marchés. N’empêche, si les carottes sont encore bien oranges, c’est parce qu’elles sont très bien dans le sol et non en palox dans un frigo, mais si les carottes sont un peu (beaucoup pour certaines) véreuses, c’est parce que les vers eux-aussi sont très bien dans le sol…

Et cette semaine, il y a nos derniers choux fleurs (ou nos premiers, tout dépend où commence l’année…). Désolée pour les petits paniers, mais s’ils ont enfin tournés ou pommés, certains ont disparu. Parce que sur mon carnet, il est écrit 593 choux Belot de plantés et qu’il n’y en a eu que 298 de récoltés. Bref, soit ils ne savent pas compter, soit ils se sont fait mousser en gonflant le chiffre, ni vu, ni connu.

Et bien sûr, la fin des fenouils. Pas plus gros que la dernière fois, mais le froid les menace et ils font partie de nos stocks pour changer du choux (dont le stock semble illimité…)

Mais comme je suis un peu gentille, je pense à vous et surtout à comment vous martyriser pour ce printemps. Pour cela, je persiste dans le chou chinois. Notre premier essai fut… comment dire, non concluant puisqu’ils ont donné des jolies fleurs avant de faire un chou… mais une fois qu’on aura essayé toutes les méthodes qui ne fonctionnent pas, on trouvera celle qui fonctionne (paraît-il que c’est comme cela qu’Edison a trouvé comment nous éclairer, alors moi, je trouverai comment diversifier votre panier en Avril/Mai/Juin, mais encore quelques essais !)

Il y aura aussi du chou rave et de l’échalote et du persil racine. Enfin, j’ai les graines, j’attacherai mon père ou lui dirai que cette année, on sème des patates. Bref ce sera semé sous son nez, contre sa volonté, mais si son fluide est puissant (parce qu’il sentira l’entourloupe), ce ne sera pas une bonne année pour mes essais… mais rassurez-vous, il y aura toujours la valeur sûre : le chou.

Bonne semaine

La gazette du 17 au 21 décembre 2012

lundi 17 décembre 2012

Savez-vous ce qui est agréable aujourd’hui ?

C’est l’odeur des vacances.

Même si elles seront courtes, même si on mangera à n’en plus finir à cause des fêtes, même s’il fait un temps de chien, même si le temps passera en un éclair.

Cette semaine a un goût particulier : celui de l’anticipation.

Mais en pensant à ce qui sera (peut-être), on prépare la rentrée. Bien que cela ne vous concerne pas vraiment, le calendrier ayant décidé 15 jours d’arrêt pour les AMAP.

Donc on prépare cette semaine et aussi le week-end du 4 janvier. Quasiment tout est couvert, parce que chaque minute est comptée et aussi parce que nous avons remarqué qu’à chaque fois qu’on n’anticipait pas, vous pouvez être sûr qu’il gelait à pierre fendre dès début janvier. Ce qui ne nous arrangerait pas.

Sans oublier nos adieux à Abdel. Petite fête demain soir.

Et après, on boucle l’année. On range la mauvaise année, on en sèmera une nouvelle. Avec des envies, avec la conscience qu’elle ne sera pas facile, avec une amorce de changement, avec vous aussi.

Bonne semaine et bonnes fêtes.

La gazette du 10 au 14 décembre 2012

mardi 11 décembre 2012

Encore en retard, non pas à cause d’une réunion entre maraîchers mais une réunion du groupement d’employeurs. Bref, décembre étant un mois plus calme, on en profite pour régler ce qui traîne le reste de l’année.

Je profite même de cette accalmie pour préparer l’année prochaine. Je fais un beau planning où l’année serait idéale pour savoir quand planter quoi et combien.

Pendant ce temps, nos hommes en profitent pour tout couvrir, parce qu’il est annoncé -10°C pour demain matin. Ce qui ne réjouit guère ceux qui iront au marché…

Donc nos poireaux, le reste de radis noir, la pain de sucre et la chicorée vont se parer de blanc avant la fin de la journée. Et demain, ils retourneront éplucher le poireau arraché hier.

Mon père enfourche son tracteur pour les labours d’hiver. Un peu ralenti par le fond trop humide… donc il compte les heures à son volant (en fait il m’accompagne aux réunions). Déjà en train de visualiser ses pommes de terre.

Bonne semaine

La gazette du 3 au 7 décembre 2012

mardi 4 décembre 2012

Alors si je n’ai rien envoyé hier, c’est pour la bonne raison que le GAB organisait une journée entre maraîchers bio. Donc j’y étais.

Ayant un RDV en plein milieu de la matinée, je n’ai pas assisté aux demandes de chacun pour les objectifs du GAB, mais j’ai beaucoup papoté avant et après avec mes semblables.

Il est amusant de constater nos parcours respectifs… bon, je n’étonnerais personne en disant que notre exploitation est une des 2 plus vieilles en maraîchage bio. Beaucoup sont de nouveaux installés (moins de 4 ans). Tous, nous avons des AMAP, déjà, il y avait Freddy, président des AMAP Ile-de-France et Laurent Marbot, je-ne-sais-pas-quoi dans l’association Terre de Liens qui ne fonctionnent qu’exclusivement en AMAP. Beaucoup se diversifie au niveau des débouchés et le constat est le même partout : bah, cette année, ce n’était pas terrible… voire carrément pas bien du tout.

Et très drôle aussi, c’est de s’apercevoir que chacun de nous n’avons pas le même fonctionnement d’AMAP. Pas un panier n’a le même montant, il y a des petits et grands paniers, mais aussi des paniers et des ½ paniers. La nuance est dans la composition et l’interprétation.

Les travaux dans les champs sont fortement recommandés chez certains si les AMAPiens veulent des légumes (et naturellement, on ne parle pas de salades mais de haricots ou des légumes pour le stockage d’hiver).

Le résultat est souvent le même, mais il y a plein de chemins de traverse. Chaque maraîcher y trouve le sien.

Et nous, on regarde. Déjà parce qu’étant, eux, plus jeunes, ils ont une manière différente d’aborder l’agriculture biologique, même si nos âges sont similaires.

Nous, nous ne nous sommes pas posés de questions quant au bien-fondé de la méthode. On a suivi le sillon.

Ensuite parce que pour eux, c’est souvent un aboutissement. Alors que pour nous, c’est le commencement. De quoi ? Bonne question.

Bonne semaine

La gazette du 26 au 30 novembre 2012

lundi 26 novembre 2012

Maintenant que les endives occupent nos heures perdues, on cavale un peu pour le reste. Mon père leur a fait un beau cadeau de Noël…

Mais ce qui occupe le plus nos pensées, c’est le départ d’Albert, notre saisonnier. Samedi matin, il remontera dans son grand car, direction le Portugal vers sa chère Béatrice. Six mois qu’il n’a pas vu sa belle…

Et nous, six mois pendant lesquels nous ne le verrons pas…

Et pour fêter cela, on finit les fenouils. Certains en ont peut-être marre, mais c’est la dernière. Déjà parce qu’ils commencent à être moins beaux, ensuite parce qu’ils annoncent du froid pour la semaine prochaine. La diversité se réduit à vue d’œil cette année. Il ne reste plus que des pommes de terre, poireaux, choux (vert, blanc, rouge, pontoise), carottes, betteraves, radis noirs, oignons jaunes et rouges, céleri rave, mâches, salades, pain de sucre, chicorées, panais et topinambours.

Il faudra attendre Mars pour les bettes, épinards, radis et herbes diverses…

Et encore plus longtemps pour le reste.

Cette année, il va falloir apprendre à varier les soupes et les potées… pendant que nous, nous essaierons de faire un printemps plus joyeux que celui de l’an dernier.

Et pour en donner un avant-goût, on a semé un drôle de truc qui est dans la famille des radis noirs, mais qui est entre le blanc et le vert, et tout rouge à l’intérieur… on vous laisse découvrir !

Bonne semaine

 

La gazette du 19 au 23 novembre 2012

lundi 19 novembre 2012

Si les endives sont maintenant bien au chaud, cela n’a pas été sans mal. Enfin, pour les deux sherpas qui rampaient, parce que pour mon père, c’était du petit lait…

Cela n’aurait pas été drôle sans bricolage. Alors forcément, la machine était récalcitrante et a commencé par une journée de grève pour prolonger le plaisir.

Donc mon père, du haut de son tracteur, a donné les instructions à Vitor et Carlos, du plus profond de la machine, soit dans la boue.

Mon père a ainsi pu extérioriser son anxiété en leur criant (un peu) dessus et profiter du spectacle de ses employés dans la boue.

Et comme prévu, à renfort de sueurs, ils ont vaincu.

Les endives sont maintenant arrachées et attendent qu’on leur fasse une beauté avant de les remettre en terre, pour minimum 4 semaines (s’il ne fait pas trop froid).

Mais comme nous n’avons pas que ça à faire, on a attendu cette semaine pour les bichonner. Eh oui, nous avons de la mâche à planter (tiens, cela faisait longtemps…), et aussi de la salade. Il reste des bettes. Les carottes sont semées (pour le mois de Mai si tout va bien), les choux pointus plantés, les radis frétillent dans leur paquet à l’idée de toucher la terre, bien au chaud entre les rangs de choux. On fait des économies de place, et Carlos en a tellement sué (pour passer la vapeur) qu’il serait dommage de ne pas rentabiliser (l’espace, pas Carlos…).

 

Il reste encore les radis noirs à rentrer, peut-être une partie des navets, mais là, on n’est pas chaud. Parce que le navet, ça pourrit. Et c’est un crucifère (famille du chou). Et quand ça pourrit… ben, plus personne veut y aller. Un peu comme les potirons quand ils se liquéfient par l’intérieur : vous les prenez, et ils coulent sur vos pieds.

Le navet, c’est la même chose mais en pire… parce qu’il y en a plus et qu’ils sont fourbes, c’est seulement quand vous avez la main dans le palox que vous vous apercevez que cela ne va pas être que du bonheur…

 

Bonne semaine

La gazette du 12 au 16 novembre 2012

lundi 12 novembre 2012

Ce matin, 9h, mon père débarque. Animé d’une seule pensée (non, pas les pommes de terre, elles sont rentrées, ni les tomates, elles sont occises) : les endives.

Alors aujourd’hui, après au moins 3 jours sans pluie, on sort la machine ou alors ce sont les mains de nos p’tits gars (je n’ai pas bien saisi…) et on y va.

Enfin, ils y vont.

Le dilemme est de savoir si on arrache tout (et de stocker dans un frigo à 0°C en attendant de pouvoir toutes les remettre en terre) ou d’en laisser une partie dans le champ pour faire comme l’année dernière.

La deuxième solution était envisagée, mais je pense que vers 16h, au moment où le jour décroit, et qu’il ne restera que 3 planches (soit 9 rangs) à arracher, mon père trouvera qu’il est vraiment trop dommage de laisser ses petites abandonnées dans le champ (et puis, cela va nous embêter pour labourer au printemps, parce que c’est au milieu).

Donc, quitte à aller leur acheter une lampe frontale (ça, c’est mon rôle), ils finiront par extraire chaque racine d’endives de la terre. Même si, à l’arrivée, nous n’aurons pas assez de place pour le forçage.

Mais le Grand Chef sera content : ils auront rampés dans la boue et dans le froid pour vaincre l’ennemie, pendant que lui sera bien au chaud dans son tracteur à cabine (je n’ose ajouter chauffage à fond parce que peut-être a-t-il rendu l’âme en même temps que la clim…)

Dans tous les cas, seuls les anciens se désolent du retour de « vraies » endives (eh oui, maintenant 7 ans qu’on n’a pas passé nos soirées d’automne à les couper…) parce que les p’tits nouveaux ne se rendent pas compte… et si on est aussi vache qu’au marché quand une cliente embêtante (ou un kiki, comme on les appelle) se pointe. On ne leur dira rien et les laissera s’y rendre sourire aux lèvres pour qu’ils s’aperçoivent qu’en fait, c’était une crasse de notre part.

Mais le bonheur n’est-il pas une accumulation de petits bonheurs ?

Bonne semaine

La gazette du 5 au 9 novembre 2012

lundi 5 novembre 2012

Cette semaine, on joue à Tétris. Parce que, d’un côté, nous avons les légumes à planter (choux pointus, bettes, persil, mâches, salades) et à semer (carottes, épinards) et d’un autre côté, nous avons les serres : les serres vides (chic, chic, chic !), les serres pleines (moins chic…), les serres presque vides mais qu’il faut réserver (en occurrence pour nos endives) et celles où il y a déjà eu cette culture l’année dernière ou celles qui font de mauvaises associations (je pense notamment aux choux de l’année dernière, derrière lesquels il est hors de question de semer des carottes, sous peine de les voir toutes fourchues !) et encore celles qui n’ont pas de système d’irrigation (ce n’est pas ce qui est le plus utile en ce moment, mais même l’hiver, nos légumes aiment bien avoir un peu d’eau pour leur bonne santé)

Bref, on prend un plant. On prend celui de l’année dernière, et on avise.

Parfois cela colle. Parfois un peu moins. Et parfois, on prend la tangente (c’est-à-dire que l’on choisit de semer en cube en attendant la place, c’est un peu la poussinière).

Il nous reste bien sûr plein d’autres jeux : le lancer de céleris raves, parce que nous arrivons près de la date butoir. Les jeux d’eau avec le poireau, bien sûr, encore que le poireau est multi-jeu, avant les jeux d’eau, on joue à la bouillasse. Nous avons le droit de nous salir (c’est même recommandé pour prouver notre bonne volonté). On fait aussi des bras de fer avec lui. Il lui arrive de gagner et de rester dans le champ, mais avec des feuilles en moins, tout de même. Et aussi le mime. Parce quand la laveuse est en route, il faut savoir lire sur les lèvres pour suivre une conversation. Vous le noterez, c’est un légume parfait pour nous épanouir.

Et après tout ça, on s’endort le soir sur le canapé comme des bébés…

Bonne semaine

La gazette du 29 octobre au 2 novembre 2012

lundi 29 octobre 2012

Les premières gelées ont eu raison de la résistance de nos légumes estivaux. Et de nos mains.

Donc pour ne pas les perdre (nos mains, parce que pour les légumes, il n’y a plus qu’à attendre un ciel meilleur), on les active.

Beaucoup.

Parce qu’il y a les choux à rentrer, les céleris raves, les tomates à déblayer (parce qu’il y a encore de la mâche à planter et aussi des épinards, des bettes et du persil), les endives à arracher (parce que cette année, on fait de vraies endives, où nous allons souffrir pendant des heures à les couper avant de les mettre en silo pour les forcer, grrr ! On déteste les idées de mon père !) Et tout le reste, parce qu’avec un jour férié, on est tout bousculé…

Et à force de dire qu’on plante de la mâche, et bien, elle finit par arriver. Alors mâche cette semaine et la semaine prochaine (avec du chou, et du poireau, notre tiercé gagnant cette année !)

Voilà à peu près la semaine, courte mais intense…

Bonne semaine

La gazette du 22 au 26 octobre 2012

lundi 22 octobre 2012

Il y avait du soleil. Mais ça, c’était sans compter les 100mm d’eau qui étaient tombés qui qui ont eu raison de notre beau machinisme !

Bref, tout le monde était prêt. Et la machine s’est enfoncée (bon, pas tout à fait, mais quand elle fait des ornières de 50cm de profondeur et que nous n’avons pas arraché 5 betteraves, on se dit qu’il vaut mieux essayer autre chose).

Moralité, au lieu de taquiner la betterave, mon père a taquiné la carotte (en laissant une petite équipe bien motivée dans un bain de boue aux betteraves).

Alors qu’il avait été décidé (par Carlos) que nos carottes seront bichonnées et cajolées par nos mains, elles ont été violemment extraites de notre terre par une machine qui ne leur voulait que du mal. L’excuse est qu’on allait être en retard. Parce que, forcément, si l’on met une semaine au lieu d’une journée, les carottes seraient retardées d’autant. Et comme la météo ne veut pas faire que ce qu’on dit (d’abord !), eh bien, il vaut mieux être prudent.

Je soupçonne mon père d’avoir eu envie de faire un tour de tracteur…

Alors cette semaine, on oublie la sécheresse. On pense plutôt à vous mettre le nécessaire pour un bon nettoyage de peau plutôt que des légumes…

Mais trêve de plaisanterie, il faut qu’on avance. Bien qu’on économise du temps, puisque nos 3 pommes sont tombées dans nos caisses (on finira bien par vous les mettre) et que nos potirons ont perdu à cache-cache (nos p’tits gars se sont bien amusés, enfin on est loin des 2700 potimarrons de l’année dernière…), il reste plein de choses à rentrer : carottes (presque finies), betteraves (en cours, mais pas facile), céleris (en projet parce que refroidissement jeudi), choux blancs et rouges (on les admire encore un peu dans les champs), rutabagas (là, il y a des chance que vous les mangiez avant qu’on ne les rentre), radis noirs (trop petits et trop mignons, on attend, et puis, je prends goût à vous entendre en réclamer).

Dans tous les cas, on y arrivera. Qu’importe le moyen, mon père sera là pour le trouver…

Bonne semaine