Archives pour la catégorie ‘Dans les champs – la gazette de Céline’

La gazette du 4 au 8 février 2013

lundi 4 février 2013

Maintenant que les tomates sont semées, c’est au tour des oignons, enfin une partie. Jaune, rouge, blanc et, nouveauté (encore que je ferai mieux de m’abstenir au regard du taux de réussite de l’année dernière !) pas si nouvelle, mais abandonnée depuis quelques années : des échalotes.

Bref, en ce moment on sème (également carottes, radis, herbe, navets) et on repique (bettes et choux raves).

Il va falloir penser à nettoyer les fraisiers. Et avec toute l’eau qui tombe ce n’est pas vraiment ce qui nous enthousiasme le plus.

Heureusement il y a plein de chose à faire à l’abri, comme les endives. Encore que cela risque d’être la dernière semaine puisqu’il y a de la casse dans ce qui reste.

Remarquez cette semaine l’absence de chou. Pas un seul qui traîne. Réjouissance de courte durée parce les roulements sont limités. On s’est même aperçu cette semaine que notre persil (celui qui devait recommencer à pousser pour être magnifique mi-février) se fait grignoter. Seulement les feuilles. Il ne nous reste que la tige et les 3 feuilles du cœur. C’est à se demander ce que font les chasseurs…

Alors on hésite : est-ce un lapin, un lièvre ou un faisan ?

Dans tous les cas, on ne le trouve pas très mignon de nous faire cela. En plus, ce n’est même pas propre derrière lui…

Bonne semaine.

La gazette du 28 janvier au 1er février 2013

lundi 28 janvier 2013

Comme on trouvait que tout était trop facile, un petit peu de froid (histoire de piquer les mains) nous a été accordé.

Mais nos mains nous sont utiles et gelées, elles ne vont pas très vite. Et les légumes non plus.

Alors, pour faire germer mes bettes (parce qu’au bout de 15 jours, toujours rien), on place tout à la chaleur.

Et aussi, grand moment de l’année, nos premières graines de tomates vont trouver leur petit lit de terreau pour germer.

Certes encore 5 mois de patience avant d’en faire des fruits mûrs. Mais le plan est lancé : on en sème environ 3000, dans 15 jours si la pièce est assez chaude, on en repique 2600 (les autres n’ont pas aimé, trop tôt en saison), on les place dans la serre chauffée avec un voile. Début Mars, elles sont susceptibles d’être plantées en serre verre dans 4 carrés de 600 places chacun, soit 2400 en tout (les 200 de surplus serviront pour la mortalité élevée de la 1er saison). Mi-Mars, on les attache à l’armature, soit 1h30 par rang sachant qu’il y a 8 rangs par carré. Début Avril, première taille. L’horreur. On est à 4 pattes ou à genoux, on traîne notre caisse, notre couteau (entre les dents, genre pirate), nos gants (pour protéger nos mains de la délicieuse défense verte de la tomate) et 45min de bonheur par rang. Rebelote 15 jours plus tard (on pourrait le faire avant, mais avec les jours fériés et tout le boulot, elles devront attendre pour leur mise en pli !). Toujours l’horreur, parce que si elles ont grandi, on est tout de même à moitié accroupi et à moitié debout et en plus, elles attaquent nos cheveux (ma tante a d’ailleurs pendant cette période un sublime cache bigoudis en plus des gants…). Donc même temps par rang. Viens la dernière taille (parce qu’après c’est sûr, on est dé-bor-dé !!!!). Plus facile, plus rapide aussi (et moins d’abdo) : 30 min par rang. Et si vraiment, elles nous agressent trop pendant la cueille, on y va au coupe-coupe !

Mais en attendant l’odeur des tomates, il n’y a que l’odeur de la gelée et le bruit des graines dans le paquet…

Bonne semaine.

La gazette du 21 au 25 janvier 2013

mardi 22 janvier 2013

On profite de la neige et de ses inconvénients pour attaquer nos endives. Donc pas de poireaux qui jouent à cache-cache, mais des endives bichonnées avec amour dans les heures froides de la fin de journée avant d’être mises au forçage dans la serre chauffée…

Et on vide nos frigos en espérant que la neige n’ait pas tout brûlé sous son manteau, parce qu’autrement, adieu choux et bonjour patates…

Naturellement, il n’y a pas que des choux dehors, ni que des patates dans les frigos, mais ce sont nos meilleurs atouts cette année !

Et ce petit temps qui ravit mes filles, n’a pas le même effet sur nos légumes… Les épinards attendent des jours meilleurs pour pousser, les bettes, salades et herbes également.

Donc si du persil a été semé vendredi dernier, son petit bout de nez n’est pas près de sortir, alors avant de rencontrer notre couteau…

Mais malgré tout, nous vivons un peu dans un conte de fée. Pas à cause de la neige, mais à cause du Grand Chef (mon père).

Il faut l’avouer, à chaque fois qu’on l’aperçoit se diriger vers nous, on se demande encore ce qu’il nous veut.

Or depuis Noël (où il a voulu faire une cascade qui n’a pas réussi à son genou et avant de boire une goutte d’alcool, je le précise), il est accompagné d’une béquille.

Et depuis, nous sommes un peu comme le Capitaine Crochet qui entend arriver le crocodile à cause du réveil dans son ventre.

Nous, ce n’est pas le « tic-tac » qui nous prévient mais le « clic-clic ».

Donc quand on est tranquillement quelque part et qu’on entend ce petit bruit qui annonce le début de nos ennuis, on ne peut pas s’empêcher de glousser. Ce qui nous vaut la réflexion : « vous n’êtes vraiment pas finis ! »

A chacun ses petits plaisirs…

Bonne semaine.

La gazette du 14 au 18 janvier 2013

lundi 14 janvier 2013

Quelques petits flocons pour nous rappeler qu’il est annoncé de la neige demain.

Quelques petits flocons pour qu’on les incite à faire tout ce qui doit être fait dehors.

Parce qu’ils ne sont pas nombreux (seulement 2 p’tits gars à martyriser), déjà parce qu’Abdel est parti chercher fortune ailleurs, ensuite parce que cette année, je suis méchante : j’ai menacé de refuser toutes vacances après la dernière semaine de Mars et dommage pour les congés non pris avant le 1er Mai !!!

Donc même si vous en avez déjà marre du poireau, ayez une petite pensée pour les 4 petites mains qui ont lutté pour les arracher (sans gants, parce que ce sont des hommes, des vrais (et certains sont tatoués…) et avec une fourche (la machine, c’est quand la terre n’est pas dure et puis, cela gâcherait notre plaisir).

Et comme on annonce de la neige, il y a du chou vert. Pas pour le pot-au-feu. Non, non, non, c’est parce qu’une fois sur deux (voir plus ces dernières années et cette année, je suis mauvaise joueuse), la neige brûle nos choux. Déjà qu’il ne reste que des patates (et des choux, mais là, ils sont menacés) et du poireau… Bref, ils seront mieux dans vos frigos.

Puis, on va attaquer le printemps. Quelques 9000 salades à planter, du persil à semer et du chou rave. Et comme ils sont si beaux avec une fourche-bêche dans la main, peut-être que le tour de toutes les serres leur pend au nez… parce que le liseron, on l’enlève à l’ancienne, et l’oxalis aussi. Peut-être même que j’installerai des sièges pour mes grands-parents : ils adorent voir les jeunes travailler comme à l’époque où il fallait marcher pieds nus dans la neige, encore qu’ils préfèrent les voir jouer de la binette…

Bonne semaine.

La gazette du 7 au 11 janvier 2013

mercredi 9 janvier 2013

Je ne sais pas pour vous, mais pour nous cette année commence sur les chapeaux de roues. Mon beau-père a rejoint son créateur, nous laissant un peu… désorganisés.

C’est donc avec parcimonie que je vous souhaite une bonne année.

Donc je patauge un peu. Mais il n’empêche que je pense tout de même aux légumes. Les graines de bette ont trouvé leur barquette pour germer. Nous surveillons comme du lait sur le feu nos endives (mais elles sont loin de déborder comme le lait… donc encore au moins 15 jours de patience !!!). Nous couvrons le pissenlit, parce que de la neige est annoncée, alors les malheureux bouts de feuilles qui dépassent risquent de se faire brûler. Même sort pour les poireaux.

Comme chaque hiver, le tracteur refuse de démarrer. Petite variante, ce n’est pas le même.

Mon grand-père a déclaré forfait sur les bottes de carottes, encore que cela ne concerne que les marchés. N’empêche, si les carottes sont encore bien oranges, c’est parce qu’elles sont très bien dans le sol et non en palox dans un frigo, mais si les carottes sont un peu (beaucoup pour certaines) véreuses, c’est parce que les vers eux-aussi sont très bien dans le sol…

Et cette semaine, il y a nos derniers choux fleurs (ou nos premiers, tout dépend où commence l’année…). Désolée pour les petits paniers, mais s’ils ont enfin tournés ou pommés, certains ont disparu. Parce que sur mon carnet, il est écrit 593 choux Belot de plantés et qu’il n’y en a eu que 298 de récoltés. Bref, soit ils ne savent pas compter, soit ils se sont fait mousser en gonflant le chiffre, ni vu, ni connu.

Et bien sûr, la fin des fenouils. Pas plus gros que la dernière fois, mais le froid les menace et ils font partie de nos stocks pour changer du choux (dont le stock semble illimité…)

Mais comme je suis un peu gentille, je pense à vous et surtout à comment vous martyriser pour ce printemps. Pour cela, je persiste dans le chou chinois. Notre premier essai fut… comment dire, non concluant puisqu’ils ont donné des jolies fleurs avant de faire un chou… mais une fois qu’on aura essayé toutes les méthodes qui ne fonctionnent pas, on trouvera celle qui fonctionne (paraît-il que c’est comme cela qu’Edison a trouvé comment nous éclairer, alors moi, je trouverai comment diversifier votre panier en Avril/Mai/Juin, mais encore quelques essais !)

Il y aura aussi du chou rave et de l’échalote et du persil racine. Enfin, j’ai les graines, j’attacherai mon père ou lui dirai que cette année, on sème des patates. Bref ce sera semé sous son nez, contre sa volonté, mais si son fluide est puissant (parce qu’il sentira l’entourloupe), ce ne sera pas une bonne année pour mes essais… mais rassurez-vous, il y aura toujours la valeur sûre : le chou.

Bonne semaine

La gazette du 17 au 21 décembre 2012

lundi 17 décembre 2012

Savez-vous ce qui est agréable aujourd’hui ?

C’est l’odeur des vacances.

Même si elles seront courtes, même si on mangera à n’en plus finir à cause des fêtes, même s’il fait un temps de chien, même si le temps passera en un éclair.

Cette semaine a un goût particulier : celui de l’anticipation.

Mais en pensant à ce qui sera (peut-être), on prépare la rentrée. Bien que cela ne vous concerne pas vraiment, le calendrier ayant décidé 15 jours d’arrêt pour les AMAP.

Donc on prépare cette semaine et aussi le week-end du 4 janvier. Quasiment tout est couvert, parce que chaque minute est comptée et aussi parce que nous avons remarqué qu’à chaque fois qu’on n’anticipait pas, vous pouvez être sûr qu’il gelait à pierre fendre dès début janvier. Ce qui ne nous arrangerait pas.

Sans oublier nos adieux à Abdel. Petite fête demain soir.

Et après, on boucle l’année. On range la mauvaise année, on en sèmera une nouvelle. Avec des envies, avec la conscience qu’elle ne sera pas facile, avec une amorce de changement, avec vous aussi.

Bonne semaine et bonnes fêtes.

La gazette du 10 au 14 décembre 2012

mardi 11 décembre 2012

Encore en retard, non pas à cause d’une réunion entre maraîchers mais une réunion du groupement d’employeurs. Bref, décembre étant un mois plus calme, on en profite pour régler ce qui traîne le reste de l’année.

Je profite même de cette accalmie pour préparer l’année prochaine. Je fais un beau planning où l’année serait idéale pour savoir quand planter quoi et combien.

Pendant ce temps, nos hommes en profitent pour tout couvrir, parce qu’il est annoncé -10°C pour demain matin. Ce qui ne réjouit guère ceux qui iront au marché…

Donc nos poireaux, le reste de radis noir, la pain de sucre et la chicorée vont se parer de blanc avant la fin de la journée. Et demain, ils retourneront éplucher le poireau arraché hier.

Mon père enfourche son tracteur pour les labours d’hiver. Un peu ralenti par le fond trop humide… donc il compte les heures à son volant (en fait il m’accompagne aux réunions). Déjà en train de visualiser ses pommes de terre.

Bonne semaine

La gazette du 3 au 7 décembre 2012

mardi 4 décembre 2012

Alors si je n’ai rien envoyé hier, c’est pour la bonne raison que le GAB organisait une journée entre maraîchers bio. Donc j’y étais.

Ayant un RDV en plein milieu de la matinée, je n’ai pas assisté aux demandes de chacun pour les objectifs du GAB, mais j’ai beaucoup papoté avant et après avec mes semblables.

Il est amusant de constater nos parcours respectifs… bon, je n’étonnerais personne en disant que notre exploitation est une des 2 plus vieilles en maraîchage bio. Beaucoup sont de nouveaux installés (moins de 4 ans). Tous, nous avons des AMAP, déjà, il y avait Freddy, président des AMAP Ile-de-France et Laurent Marbot, je-ne-sais-pas-quoi dans l’association Terre de Liens qui ne fonctionnent qu’exclusivement en AMAP. Beaucoup se diversifie au niveau des débouchés et le constat est le même partout : bah, cette année, ce n’était pas terrible… voire carrément pas bien du tout.

Et très drôle aussi, c’est de s’apercevoir que chacun de nous n’avons pas le même fonctionnement d’AMAP. Pas un panier n’a le même montant, il y a des petits et grands paniers, mais aussi des paniers et des ½ paniers. La nuance est dans la composition et l’interprétation.

Les travaux dans les champs sont fortement recommandés chez certains si les AMAPiens veulent des légumes (et naturellement, on ne parle pas de salades mais de haricots ou des légumes pour le stockage d’hiver).

Le résultat est souvent le même, mais il y a plein de chemins de traverse. Chaque maraîcher y trouve le sien.

Et nous, on regarde. Déjà parce qu’étant, eux, plus jeunes, ils ont une manière différente d’aborder l’agriculture biologique, même si nos âges sont similaires.

Nous, nous ne nous sommes pas posés de questions quant au bien-fondé de la méthode. On a suivi le sillon.

Ensuite parce que pour eux, c’est souvent un aboutissement. Alors que pour nous, c’est le commencement. De quoi ? Bonne question.

Bonne semaine

La gazette du 26 au 30 novembre 2012

lundi 26 novembre 2012

Maintenant que les endives occupent nos heures perdues, on cavale un peu pour le reste. Mon père leur a fait un beau cadeau de Noël…

Mais ce qui occupe le plus nos pensées, c’est le départ d’Albert, notre saisonnier. Samedi matin, il remontera dans son grand car, direction le Portugal vers sa chère Béatrice. Six mois qu’il n’a pas vu sa belle…

Et nous, six mois pendant lesquels nous ne le verrons pas…

Et pour fêter cela, on finit les fenouils. Certains en ont peut-être marre, mais c’est la dernière. Déjà parce qu’ils commencent à être moins beaux, ensuite parce qu’ils annoncent du froid pour la semaine prochaine. La diversité se réduit à vue d’œil cette année. Il ne reste plus que des pommes de terre, poireaux, choux (vert, blanc, rouge, pontoise), carottes, betteraves, radis noirs, oignons jaunes et rouges, céleri rave, mâches, salades, pain de sucre, chicorées, panais et topinambours.

Il faudra attendre Mars pour les bettes, épinards, radis et herbes diverses…

Et encore plus longtemps pour le reste.

Cette année, il va falloir apprendre à varier les soupes et les potées… pendant que nous, nous essaierons de faire un printemps plus joyeux que celui de l’an dernier.

Et pour en donner un avant-goût, on a semé un drôle de truc qui est dans la famille des radis noirs, mais qui est entre le blanc et le vert, et tout rouge à l’intérieur… on vous laisse découvrir !

Bonne semaine

 

La gazette du 19 au 23 novembre 2012

lundi 19 novembre 2012

Si les endives sont maintenant bien au chaud, cela n’a pas été sans mal. Enfin, pour les deux sherpas qui rampaient, parce que pour mon père, c’était du petit lait…

Cela n’aurait pas été drôle sans bricolage. Alors forcément, la machine était récalcitrante et a commencé par une journée de grève pour prolonger le plaisir.

Donc mon père, du haut de son tracteur, a donné les instructions à Vitor et Carlos, du plus profond de la machine, soit dans la boue.

Mon père a ainsi pu extérioriser son anxiété en leur criant (un peu) dessus et profiter du spectacle de ses employés dans la boue.

Et comme prévu, à renfort de sueurs, ils ont vaincu.

Les endives sont maintenant arrachées et attendent qu’on leur fasse une beauté avant de les remettre en terre, pour minimum 4 semaines (s’il ne fait pas trop froid).

Mais comme nous n’avons pas que ça à faire, on a attendu cette semaine pour les bichonner. Eh oui, nous avons de la mâche à planter (tiens, cela faisait longtemps…), et aussi de la salade. Il reste des bettes. Les carottes sont semées (pour le mois de Mai si tout va bien), les choux pointus plantés, les radis frétillent dans leur paquet à l’idée de toucher la terre, bien au chaud entre les rangs de choux. On fait des économies de place, et Carlos en a tellement sué (pour passer la vapeur) qu’il serait dommage de ne pas rentabiliser (l’espace, pas Carlos…).

 

Il reste encore les radis noirs à rentrer, peut-être une partie des navets, mais là, on n’est pas chaud. Parce que le navet, ça pourrit. Et c’est un crucifère (famille du chou). Et quand ça pourrit… ben, plus personne veut y aller. Un peu comme les potirons quand ils se liquéfient par l’intérieur : vous les prenez, et ils coulent sur vos pieds.

Le navet, c’est la même chose mais en pire… parce qu’il y en a plus et qu’ils sont fourbes, c’est seulement quand vous avez la main dans le palox que vous vous apercevez que cela ne va pas être que du bonheur…

 

Bonne semaine