Les patates sont déjà une histoire ancienne. La nouvelle marotte est : rentrer les betteraves. Qui sont grosses (ben ouais … parce qu’elles ont mal levé …). Carlos pensait commencer vendredi mais … l’urgence d’autres tâches s’est intercalée et les minutes ont filé.
Petite surprise du samedi : nos beaux semis de mâche ont trouvé un prédateur. Toutes les petites graines bien enfouies étaient sur le flanc, vidées de leur substance. Oiseau ou souris ? N’empêche, la moitié est dans l’estomac d’un gourmand …
Notre deuxième marotte est l’herbe. Combat des ¾ de l’année. Et bien futile parce qu’elle est beaucoup plus forte que nous. Mais nous la surveillons du coin de l’œil (ou plongeons en son sein dans le cas de la mâche). Elle mène une tentative perfide dans les épinards et reste anecdotique parmi les poireaux. Mais saura-t-elle garder sa place ?
Les grandes manœuvres se mettent en place pour les patates. Tout s’accélère. Parce-que-sinon-on-y-sera-encore-à-Noël-comme-en-1974 … C’est vous dire si cela arrive souvent ! Mais plus rien n’arrêtera le Grand Chef (sauf la défaite de la patate).
Et, pendant ce temps, dans le champ, l’herbe gagne doucement ce qu’elle n’avait pu coloniser plus tôt. Nous échangeons l’aliénation auprès des haricots pour les épinards. Les choux commencent leur règne (et le prolétariat de l’herbe en a coupé la tête à plus d’un !). Les tomates continuent à faire leur belle mais savent la partie perdue. Les céleris ont encore le temps de grossir. Un légume en remplace un autre. Une saison en pousse une autre …
Contrariété n°2 du Grand Chef : la chaîne qui casse. Donc arrêt de l’arrachage de ses patates. Donc report d’une semaine. Donc grinchichouillis en regardant le ciel qui semble non coopératif à la grande vision du Grand Maître de la Patate.
Et en attendant une accalmie (et aussi que le sol absorbe les surplus de l’or céleste qui nous a cruellement manqué cet été), les serres accueillent nos carcasses pour un entretien d’automne. Semis de la mâche à foison pour se faire un hiver douillet.
Et plaisir de Laure : l’ouverture d’une chasse particulière, celle des épinards d’élevage. Pas besoin de courir après, ils sont présents en ligne, bien mignons (et beaucoup trop petits pour moi).
Alors moi, je dis : « pourquoi pas, tant que je ne les vois pas souvent… ».
Contrariété du Grand Chef de la Patate : la pluie-qui-gêne l’arrachage des patates. Bref, après avoir passé un début d’été à attendre la pluie qui ne venait pas, une période estivale à espérer qu’elle s’arrête en constatant les départs de mildiou, les interdictions totales d’arroser (avec heureusement des dérogations), à nouveau plus d’eau et de forte chaleur à friser le bout des feuilles de salades (et autres), Madame-la-Pluie s’invite quand le Grand Chef a le pied sur l’accélérateur. Mais les changements de plan nous connaissent. Nous prenons la liste dans un autre sens en attendant que le sol évacue son trop plein dans ses profondeurs. La bonne nouvelle est que nos poireaux s’arracheront sans fourche pour quelques heures …
Une semaine avec re-chaleur. Re-affinage du bronzage. Re-attente d’un temps qui change (ce qui devrait être exaucé).
Sauna en serre la matin (et nous regardons d’un bon œil les tomates rougir en extérieur) avec essorage des tissus à midi. Bien que, cette semaine, petite variation du planning : les patates ! Le minimum syndical sera effectué dans les champs au profit de cette grande aventure qui excite le Grand Chef. Vite, vite, les courgettes seront cueillies en deux-deux et toute l’équipe masculine se dirigera d’un même pas (dynamique) sur l’arracheuse, menée par le Grand Maître de la Patate. Il en gèrera le rythme et impulsera l’euphorie diabolique qui coule dans ses veines.
En attendant, notre petit rythme de croisière continuera dans les autres activités des champs entre haricots et haricots à récolter …
La rentrée scolaire est, pour nous, le moment de vos bonnes résolutions, de l’adieu à nos sherpas estivaux, de l’embrayage du mode patate …
Cette semaine sera encore une mer d’huile. Nous regardons l’horizon en profitant des derniers jours de calme. Même si nous espérons rattraper les tâches en attente (ou plutôt celles qui semblent comme le supplice de Sisyphe, sauf que le caillou est remplacé par l’herbe).
Bref, des occupations entre récoltes, plantations (mâche, pain de sucre, persil, bette) et semis (radis noir, navet et chicorée) … et si nous n’avons pas encore vu le lapin blanc, sa petite ritournelle hante nos esprits.
Vous l’aurez compris … il a fallu économiser du temps cet été et le billet de la semaine est passé à la trappe.
Petit point de fin d’été …
D’abord l’arrosage a été compliqué. Sous restriction depuis mai, c’est un interdit qui nous est tombé dessus fin juillet. Heureusement, il s’est mis à pleuvoir dans les deux jours qui ont suivi, ce qui nous a permis d’obtenir une dérogation … parce que, oui, les légumes auraient (peut-être) pu survivre mais certainement pas avec des rendements permettant de sauver notre travail …
Après, il a plu pendant trois semaines . Sans s’arrêter. Ce n’était pas mieux … l’herbe et le mildiou ont proliféré …
Bref, le mauvais temps c’est celui qui dure !
Nos bébés se sont bien comportés. Nous espérons une bonne conservation des oignons. Mais les oignons blancs qui devaient être au top pour septembre ne prennent pas la tournure d’oignons frais (si nous nous basons sur la qualité de leur feuillage qui semble bien sec pour de la verdure). Tous les melons sont décédés dans leur 2ème semaine de cueille (même les saisons suivantes) donc nous abandonnerons définitivement. Les concombres ont une belle saison derrière eux (les suivants nous ont fait savoir qu’ils ne poursuivraient pas leur croissance). Les haricots ont juste ce qu’il faut en fruit. Les tomates semblent apprécier nos attentions et sont mignonnes avec nous (pour le moment mais nos Précieuses savent être capricieuses). Les poireaux sont superbes. Les choux un peu moins (l’herbe a mangé le Kale et le Bruxelles …). Les courges ne sont pas nombreuses mais de tailles honnêtes. Les courgettes vivent leur meilleure vie … pas sûr qu’elles seront d’aussi bonne constitution quand on voudra d’elles en octobre. Et je ne sais pas pourquoi, toute la salade s’est transformée en laitue. Une laitue magnifique, certes, mais une laitue quand même … Pour avoir traversé le carré à la recherche de batavia, je peux vous assurer qu’elle a choisi le déguisement laitue pommée !
Et, naturellement, le retard dans les semis … pour le moment, point de navet ou de radis noir de semé (et je ne parle pas de la chicorée).
Petit point humain : l’équipe est au complet avec de jolies couleurs de bronzage … certains grâce aux vacances. D’autres grâce aux champs …
Des tomates obéissantes. Des concombres un peu moins. De l’herbe presque disciplinée. Des heures longues. Toujours pas d’eau, juste des promesses. Les champs de céréales qui diffusent de la poussière. Nelson et Bacary avec leurs éternelles doudounes. Des adolescentes qui supportent plutôt bien le fouet. Les premiers départs en vacances qui se profilent. Cette semaine, nous commençons à cueillir les haricots dehors. Nous regardons les serres se vider et trouvons tristes ces carrés déserts, attendant les cultures pour l’automne. Encore des semis pour poursuivre le cycle de l’année, même si, à partir de maintenant, nous mettons en place l’hiver prochain … Étrange d’avoir à peine nos tomates en bouche que nous sommes déjà projetés à la saison suivante. Nous notons notre quotidien, codifié en couleur, et c’est le moment où les quantités ramassées, le fruit de nos efforts, noircissent nos pages alors que le début d’année était tourné vers nos espérances …
La sensation d’avoir un mois d’août infini s’offre à nous … L’herbe grillée des bords de route, quelques grillons qui s’aventurent à chantonner, l’orage nous murmurant sa venue sous le soleil de plomb … le décor est planté pour la saison. Toujours l’eau dans le viseur. De belles surprises, même si la terre en attend toujours plus pour étancher sa soif. De plus en plus de questions pour savoir d’où nous vient notre bronzage. Des légumes qui ont chaussé les lunettes de soleil et attendent nos soins.
Et surtout … les Précieuses tomates arrivent cette semaine …
Pas encore en retard mais loin d’être en avance, les légumes font monter la pression. L’arrosage est fini d’installer dans la nouvelle serre. Carlos remplit ses heures sombres en ouvrant et fermant l’eau. Les petits pois grillent doucement sous la chaleur. Les fraises se suivent, carré après carré. Les concombres nous laissent entrevoir leur futur. L’herbe disparaît de nos allées. La terre devient poussière. Les hirondelles piochent dans les flaques de boue éphémères pour les réparations de leurs nids. Les tomates grossissent, grossissent … et instillent l’espoir d’être à l’heure. Nous attendons le poireau à planter. Nous attendons la pluie. Et nous courons après le temps. Heureusement, mes ressources naturelles finissent le lycée et n’auront d’autres choix que de passer le temps dans les champs …