Archives pour la catégorie ‘Dans les champs – la gazette de Céline’

La gazette du 01 juin au 04 juin 2020

mardi 2 juin 2020

Laure aux fraises chez SARL Renard, maraîcher bio, ile de franceNous étions fort contentes de cueillir les premiers petits pois … Une caisse bien pleine, c’était magnifique ! Nous sommes revenues vendredi … et rien. Mais alors rien. Cinq rangs et une poignée. Bref, il semblerait que le temps ne convienne pas aux petits pois. Peut-être pas assez d’eau. Tant qu’ils grossissent sans griller, nous pouvons attendre …

Donc nous passons au suivant : les fraises. Et là, nos gosiers sont récompensés par les abîmées (si, si, il y en a beaucoup) et les barquettes s’alignent entre les rangs, sans oublier notre chute de reins d’une jolie couleur caramel due au soleil.

Et ensuite, il y a le persil. Tout de suite moins drôle. L’herbe a pris le dessus et les bouquets se font rares … Un peu d’attente pour le voir repousser.

Heureusement, les courgettes prennent un bon rythme. Nos tomates réclament une jolie coupe et nous perdons quelques kilos d’eau à leurs pieds. Le basilic, timide, s’étoffe. Les haricots se désherbent et nous plantons en plein champ poivrons et aubergines pour un peu plus de production à l’automne.

La vie s’organise. Et déjà on m’apprend que juin sonne à notre porte …

La gazette du 25 mai au 28 mai 2020

mardi 26 mai 2020

partir au marché SARL Renard, maraîcher bio, 78Trouver son rythme n’est pas évident, surtout en ce moment où les frontières semblent mouvantes.

Il y a le quotidien que nous maîtrisons et les aléas externes qui sèment l’anarchie en nous refusant un équilibre. Certes, j’ai lu que vouloir l’équilibre induisait une dualité et donc une difficulté à trouver l’harmonie … Bref, l’année dernière, Carlos avait assuré que nous y arriverions. Et oui, nous l’avons fait. Mais j’avais trouvé cela fort fatiguant et le plaisir s’amenuisait au fur et à mesure des heures qui s’accumulaient. Alors, cette année, les devants étaient pris et nous sommes plus nombreux. Le petit hic est le changement de consignes. Donc, un coup comme ça. Un autre comme ça. Et donc, le temps que nous changions de sens. Le temps que nous mettions à jour notre logistique. Le temps que nous demandions à ceux qui nous ont proposé (et sont déjà passés chez nous) de nous aider selon leurs disponibilités. Et nous sommes prêts !

Cela tombe bien, les courgettes commencent fort (bon, peut-être le fait d’en avoir planté 50% de plus que l’année dernière aide aussi), les petits pois semblent suivre (pas de promesse car Dame Nature peut être capricieuse) et nous voilà dans le vif du sujet. Petite déception devant le persil qui n’est qu’herbe, malgré la petite séance de sauna qu’il nous offre en le préparant. Les tomates poussent et semblent arrivées dans le désordre (allez savoir pourquoi, une partie de la deuxième saison a décidé de pousser plus vite que les autres …). Et les courges sont plantées au compte-goutte … Bien sûr, il y a tous les autres que nous surveillons du coin de l’œil : le basilic, un peu frileux, les concombres, assoiffés, les melons, un peu précieux (et peut-être qu’un goutte à goutte serait judicieux), les oignons blancs, impatients de quitter le champ, les carottes, dévorées par vous et, peut-être en pointillés prochainement, les navets, un peu (beaucoup, mais ne regardez pas le collet) habités, la tétragone, évinçant les épinards.

Et nous, qui regardons ce joli bazar, un peu effarés de voir tout disparaître dans vos estomacs, alors que nous avions prévu un peu plus, mais peut-être pas encore assez …

La gazette du 18 mai au 21 mai 2020

lundi 18 mai 2020

courgette en fleur, chez SARL REnard, maraîcher bio, 78Il y a des semaines qui semblent ne jamais finir et des périodes que nous avons hâte de voir passer. Et, en ce moment, le lundi semble à peine entamé … qu’il est déjà vendredi. Nous courons beaucoup, cherchons un schéma, des habitudes qui se dessineraient dans ce chaos. Mais tout ne dépend pas que de nous. Les contraintes externes comme les gestes barrières ou encore les orages qui abîment les fraises et nous obligent à nettoyer le carré plutôt que de les cueillir. Vos envies qui vous précipitent sur nos carottes (Carlos ne s’est pas encore remis des 300 bottes rien que pour la vente à St Rémy, l’obligeant à retourner dans le champ à 20h pour tout préparer le samedi !!!). Notre quotidien : préparation des légumes pour nos diverses ventes et, maintenant, entretien des champs comme la taille des tomates ou encore le désherbage des oignons … Bref, nous avons du mal à additionner 2+2 et, si vous nous demandez de réfléchir, pas sûr que nous y arrivions … Heureusement, nous avons une super équipe (que nous usons un peu quand même). Très dispo et réactive (enfin, si nous arrivons à vous suivre …) et nous espérons trouver une organisation pérenne parce qu’entre les jours fériés, ce qu’on peut ou doit faire et les autres contrariétés, nous aimerions qu’admirer le coucher du soleil puisse se faire dans un transat, un verre à la main, en entendant crier nos gosses chéris, tout en choisissant l’ambiance de notre jardin sur Pinterest … Bref, penser à autre chose qu’à ce que nous avons (peut-être) oublié ! Et chose importante : nos premières courgettes sont là !

La gazette du 11 mai au 14 mai 2020

lundi 11 mai 2020

Laure, Stéphane et Stéphanie chez SARL Renard, producteur de légumes bio pendant le confinement, 78Samedi soir, l’orage s’est invité dans notre petite vallée. Il a claqué dans nos cieux tout en les illuminant. L’eau a ruisselé, pour couvrir nos derniers semis.

Ce n’est pas grave. Un peu décourageant puisque les dernières semaines ont été longues et un peu éprouvantes moralement, du ressenti des inquiétudes des clients … Parce qu’il est vrai qu’ici la vie suit son cours. Personne n’a de symptômes et, même si les journées sont longues, nous prenons le temps de rire entre nous et de papoter avec certains clients (en respectant les règles de distanciation) … Nous apprenons à nous connaître un peu mieux et cela est fort agréable.

Et, si nous avons dû renoncer à notre porte ouverte du 30 mai, nous espérons bien la reporter cet automne !

La gazette du 04 mai au 07 mai 2020

lundi 4 mai 2020

Fenouil bio, vente directe de maraicher - Saint Rémy L'Honoré - 78Nous commençons à être au point. A savoir ce que vous voulez manger pendant ce confinement. Une routine s’est instaurée, bousculée cette semaine par la reprise du marché de Maisons-Laffitte. Donc nous nous adaptons. Nous ne savons pas vraiment combien et quoi faire … et cherchons la place pour planter nos tomates. Notre équipe est heureusement complète. Nos champs sont heureusement pleins de légumes. Et un peu de fatigue commence à se faire sentir chez nous. Nous nous rendons compte que nous avions un peu forcé sur quelques légumes (et notre intuition était un bon guide sur ce coup) et qu’il nous manque toujours une serre … Les garçons ont désherbé salades, betteraves et fenouils avant que les graines parsèment nos serres. Il reste les oignons en extérieur à biner … d’ailleurs, si, à tout hasard, vous aviez de vieilles binettes de vos grands-parents qui traîneraient dans un coin (surtout si elles sont grandes), nous serions preneurs … car il semblerait que celles d’aujourd’hui ne résistent pas à la force de notre gente masculine … Avant de reprendre le cours de la saison : attacher les tomates, planter concombres, poivrons, aubergines, potirons, pastèques et melons. Le céleri peut attendre encore 15 jours ce qui nous donne le temps de souffler un peu … enfin, l’espoir fait vivre …

La gazette du 27 avril au 30 avril 2020

lundi 27 avril 2020

carotte botte chez SARL Renard, maraicher bio, 78Vous quittez de petits plants tout mignons un soir et retrouvez de grandes feuilles anarchiques le lendemain. C’est l’effet que nous font nos bébés … Nous estimons toujours avoir une semaine pour leur trouver une petite place et, en fait, il faudra plutôt pousser les autres … Donc, nos tomates attendent après les épinards. Les concombres après le persil. Et nous après la pluie. Qui finira par venir nous le savons, mais si nous pouvions éviter fracas de tonnerre et d’éclairs, cela nous arrangerait …

Le plant de choux est semé. Les premières courges sont plantées (et couvertes) et nous attaquons les bottes primeurs : carottes, navets, betteraves. Les petits pois sont désherbés et « recachés » (autant pour les aider à pousser qu’à les sauver des pigeons), et les fraises mûrissent. Nous inaugurons une nouvelle technique pour essayer d’en avoir plus le vendredi que le mardi (parce qu’avec deux cueillettes par semaine de sept jours, il y a forcément une journée de plus de maturité le mardi …). Alors, nous ouvrons grand le tunnel pour le weekend et le refermerons du mardi au vendredi pour que la chaleur motive nos fraises. Au pire, elles prennent des coups de soleil … et finiront dans nos estomacs cette semaine !

La gazette du 20 avril au 23 avril 2020

lundi 20 avril 2020

cueillir les fraises chez SARL renard, producteur de légumes bio yvelines 78Il est temps de planter la première saison de tomates ainsi que le persil, les courgettes, encore des bettes, le basilic, fenouils et choux raves, certainement la deuxième saison de tomates, mais il faudra sacrifier quelque chose (les épinards au hasard). Il y aura les céleris à repiquer, les courges à surveiller, les melons et concombres à bichonner. Peut-être du basilic à repiquer un peu plus. Penser à semer les choux. Savoir où sont les graines de pissenlits pour la semaine prochaine. Couvrir les haricots que nous venons de semer. Arroser, arroser, arroser, cueillir et arroser … et nos petites habitudes du Covid à continuer : prendre des commandes, en oublier certaines, laisser Lucas les préparer (et sa dulcinée, et le « dulciné » de Laure). Vérifier que notre tête est toujours en place. Passer devant la serre à fraises … et constater que, cette fois, nous entrons en enfer. Parce que oui, elles commencent. Elles rajouteront des heures accroupies à nos journées. Peu cette semaine. Trop pour les quatre suivantes …

Bref, c’est officiel, la saison a commencé et nous ne pouvons plus nous échapper …

La gazette du 13 avril au 16 avril 2020

lundi 13 avril 2020

levé de soleilSouvent, nous connaissons vos têtes mais pas vos noms. Vous venez parfois séparément et nous ne vous marions pas ensemble. Donc ce qu’il y a de drôle avec les livraisons, c’est que nous associons des noms aux visages, aux conjoints, aux lieux de vie, aux familles aussi. Nous vous découvrons, ainsi que vos liens avec vos voisins. Personnellement, c’est un peu mon enfance que je retrace quand, de maison en appartement, je comprends les fils invisibles tissés entre chacun. Parce que je n’ai pas fait un seul marché du samedi pendant 16 ans à Maisons-Laffitte puisque j’avais choisi Paris, et que nous nous sommes offert le luxe d’arrêter il y a plus d’un an pour profiter davantage de la vie qui peut être si courte. Je revois donc des personnes que je voyais chaque semaine il y a 16 ans. Souvent, elles n’ont que peu changé. Elles me parlent encore de ma mère à qui je ressemble, et je vois maintenant leurs enfants. Il y a vos remerciements qui nous touchent beaucoup, les petits cadeaux à grignoter pendant la livraison, les couacs de notre part. Parce que oui, nos semaines sont très longues à cause de la logistique et que, si nous adorons cueillir une salade sous le soleil levant, préparer une commande sous le soleil couchant est beaucoup moins fun pour nous. Il y a tous ces paniers à préparer parce que vous êtes à risque, parce que vous avez peur et parce que nous essayons de vous arranger. Nous ne voulions pas laisser tomber nos clients de Maisons-Laffitte parce que certains se souviennent de moi dormant sous la table du marché quand j’étais enfant. Mais oui, cette période est une folie et notre fatigue nous rattrape. Parce qu’il faut penser à nos champs avant tout, qui nous prennent énormément de temps même s’ils semblent ingrats en ce moment en nous donnant peu de diversité. Nous ne nous attendions pas à autant de demandes diverses et variées auxquelles il nous est impossible de répondre par l’affirmative et, je l’avoue, à force d’entendre dire que les enfants n’écoutent pas, ne suivent pas une consigne, j’avais l’impression que les adultes seraient à la hauteur de leur critique de l’enfance. Mais est-ce la folie du moment ? La peur ? Dans tous les cas, il va nous falloir améliorer, encore, notre compréhension des mots et être plus stricts pour respecter l’espace de chacun…

La gazette du 06 avril au 09 avril 2020

lundi 6 avril 2020

Laure et Céline chez SARL Renard, producteur de légumes bio, yvelinesDes semaines toujours aussi longues à essayer de répondre aux mails et aux appels téléphoniques (merci le renvoi d’appel et le kit main libre !), à préparer les commandes, à cueillir, cueillir, cueillir … Et, parfois, nous avons de « fausses » joies comme notre attention qui se détourne des bettes, ce qui nous laisse penser que nous pouvons en faire un peu moins (et finir de désherber les épinards par exemple) ; mais, en fait, non : vous les boudez le mardi pour mieux les dévorer le vendredi et vous faire courir en cueillir plus, toujours plus … Donc, dans notre organisation, il y a quelques impératifs : aller le moins possible sur le mail (et, comme l’application plante une fois sur deux, pas difficile de se contenir), garder nos neurones, savoir faire deux choses en même temps et avoir une voix qui porte. Dans les champs, nous « exploitons » nos enfants (étonnamment, elles rêvent d’un autre métier que celui de nourrir les autres …), nous cueillons toutes feuilles vertes qui entrent dans notre champ de vision, prions pour que les fraises arrivent après le confinement, plantons, plantons, plantons, pestons contre les radis qui ne sautent pas tout seuls dans leurs élastiques, mettons des alarmes pour penser à fermer les serres le soir et nous grattons la tête pour savoir si nous n’avons pas oublié quelque chose … parce que oui, nous savons bien que nous oublierons toujours quelque chose …

La gazette du 30 mars au 02 avril 2020

lundi 30 mars 2020

buttage pdt chez SARL Renard, maraîcher bio, ile de franceNous sommes à jour … pas exceptionnel, mais très fiers d’avoir tout fait (sauf les épinards à désherber).

Cette semaine, nous semons les céleris raves, peut-être aussi les concombres, courges, melons et pastèques (mais le vent semble bien froid et ils aiment trop la chaleur pour que ce soit raisonnable), nous repiquerons bettes, basilic et tomates anciennes, planterons choux raves et fenouil. Nous passerons quelques heures à prendre le soleil dans les serres, avec l’explosion des radis et des épinards (et c’est tant mieux parce que la chaleur nous convient !).

Et le Grand Chef a enclenché le mode « Patate ». Donc lui sera sur son tracteur, sa planteuse aux fesses, à pester contre ce vent glacial (rassurez-vous, il a une cabine, c’est juste que les conditions ne sont pas optimales pour un démarrage en fanfare de la pomme de terre).

Et le reste du temps sera dédié aux commandes …