Archives pour la catégorie ‘Dans les champs – la gazette de Céline’

La gazette du 16 au 20 octobre 2017

lundi 16 octobre 2017

laure aux épinards chez SARL Renard, maraîcher bio, 78C’est en T-shirt que nous cueillons les derniers haricots. Il y a tout ce que le soleil nous apporte encore à cette époque de l’année et aussi tout ce qu’il faut faire pour être opérationnel cet hiver. Inutile de dire que nous ne sommes pas en avance. Entre cueillir les dernières fleurs et nettoyer les serres, les journées n’ont pas assez d’heures. La salade patiente dans la serre, la mâche reste en pile et les bulbes trépignent dans les cartons pendant que l’herbe grignote nos épinards tous mignons. Naïvement, nous imaginions souffler à partir de maintenant, mais c’est une BONNE année. Alors le soleil fait du rab’ et nous donne un peu plus de tomates, un peu plus de haricots, une autre tournée d’aubergines et encore de l’herbe. Notre binette n’est pas encore dans le placard et rejouons l’été. Nous, nous rêvons aux heures creuses, aux petits matins frileux, au futur Super-Carlos Junior (oui ! oui ! vous avez bien lu, un p’tit gars pour fin février. Il n’y a pas que dans les champs que nous multiplions)

Bref, envie de lancer les carottes au fond du frigo, de claquer la porte (du frigo) et de se mettre sur répondeur quelques jours avant de se récupérer notre retard, parce que tout de même, il ne va pas faire beau jusqu’à Noël, non ?!

Merveilleuse semaine !

La gazette du 9 au 13 octobre

lundi 9 octobre 2017

coucher de soleil chez SARL Renard, maraîcher bio, 78Le ciel s’amuse de nous. Quand il est bleu, nous prenons vite un coup de chaud à ramasser les betteraves. Quand il est gris, nous gardons nos imperméables à portée de mains pour cueillir les haricots. Quand il est bousculé par le vent, nous remettons une p’tite laine pour finir de cueillir les fleurs. Quand il nous éblouit, nous allons même jusqu’à faire tomber le pull pour couper la salade.

Bref, nous pourrions presque croire que nous passons le nez en l’air à scruter cette immensité mystérieuse, mais non, nos mains sont trop occupées à rentrer tout ce qu’elles peuvent. Les potirons sont au chaud, les betteraves en trouvent le chemin, Novembre arrive et nous pensons aux céleris raves, puis les choux blancs et rouges, les radis noirs et enfin les carottes… De nombreuses heures accroupies près de nos légumes s’annoncent et comme Dame Nature ne s’est pas encore montrée frileuse, nous avons la joie de continuer à cueillir quelques haricots… Mais soyons honnêtes, nous commençons à fatiguer du rythme et que tout ce bonheur d’un coup, ben… nous sommes fragiles quand même… donc un petit -3°C pour geler la mauvaise herbe (et les haricots, et les dahlias), nous permettrait d’admirer le ciel…

Merveilleuse semaine !

La gazette de Céline du 2 au 6 octobre 2017

lundi 2 octobre 2017

vu des pommiers chez SARL Renard, maraîcher bio, 78Des chemins de caisses décorent les rangs de betteraves. Carlos a mis sa cape samedi et a fini de rentrer les potirons. Maintenant, nous attaquons la betterave et même s’il reste encore beaucoup de chose à rentrer, nous sentons la pression retomber. Enfin les patates sont finies ! C’est un peu les vacances et si le gros morceau qui reste est les carottes, leur taille leur permet de rester encore un peu sous terre. Cela permet de vider les serres encore un peu pour y mettre la mâche. Cela permet de désherber les vivaces. Et de réfléchir pour être efficient. Une partie des épinards a viré au jaune, reste à savoir si cela nous évitera de les cueillir ou si nous n’aurons plus qu’à nous pencher sur eux, mi-figue, mi-raisin, pour les trier. Heureusement, les p’tits derniers poussent vite dans la serre, nous consolant de passer un certain nombre d’heures à leurs pieds…

 

Merveilleuse semaine !

La gazette de Céline du 25/09 au 29/09/2017

lundi 25 septembre 2017

palox pomme de terre chez SARL Renard, maraîcher bio, 784 jours sans une goutte de pluie et c’est un peu Noël pour le Grand Chef… Donc ce matin, 8h tapante, le bruit du tracteur résonne, sa prise de force entraîne l’avaleuse de pommes de terre, une banane à vous faire tomber le bananier, l’accélérateur au plancher et les voilà partis pour la dernière journée spéciale pommes de terre. Parce que le ciel est un peu gris, parce que le pessimisme du Grand Chef nous use et parce qu’enfin, nous pourrons souffler après…

Donc un seul objectif avant de retourner au quotidien avec son lot d’épinards à cueillir, ses petites carottes (et d’ailleurs, j’ai trouvé qu’elles vous faisaient beaucoup moins rêver cette semaine…) à botteler et ses poireaux à arracher.

Et une fois les pommes de terre bien rangées, nous pourrons penser à rentrer les courges cette semaine, parce qu’avec quelques nuits à 3°C, les gelées ne devraient pas tarder. Ensuite, betteraves, choux blancs et rouges, radis noirs et carottes…

Mais tout cela est une autre aventure qui nous apportera ces 12 prochaines semaines plein d’opportunités de vivre des sensations inédites… encore que quelques stagiaires rêvent de ramper dans la boue pendant cette période… et comme la boue est très bonne pour la peau, que nous en profitons largement, notre générosité nous pousse à leur laisser champ libre…

Merveilleuse semaine !

La gazette de Céline du 17 au 22 septembre 2017

lundi 18 septembre 2017

novembre en août chez SARL Renard, maraîcher bio, 78Les nuits froides ralentissent le rythme, ce qui n’est pas pour nous déplaire. Les courgettes s’éteignent tout doucement, les tomates sont moins rouges et nos pas plus lents.

Bien sûr, il reste des haricots accrochés aux pieds, quelques milliers de salades à planter et la mâche à mettre en terre, sans oublier les épinards dont le bout des rangs semblent invisibles.

Mais le basilic devient noir et les concombres se comptent en dizaine, non plus en centaine.

Les caisses de poireaux se multiplient, les courges plus nombreuses à porter pour satisfaire les envies de soupe et la pluie revient souvent pour nous donner le goût de l’automne.

Les rayons du soleil nous chauffent le dos après l’averse et le Grand Chef déprime sur ses 20 rangs de patates à finir d’arracher, presque noyées dans le bout du champ… rappelant 1974 où la dernière a été arrachée du sol une semaine avant Noël (nous soupçonnons qu’ils étaient aussi pieds nus dans la neige…)

Nous pensons à vider les serres de l’été pour y mettre l’hiver, quand la brume envahit l’aube et que la saison est aux champignons. Mais la seule chose que nous aurons le temps de chasser sera le légume…

 

Merveilleuse semaine !

La gazette de Céline du 11/09 au 15/09 2017

lundi 11 septembre 2017

pluie d'été chez SARL Renard, légumes bio, 78Le travail nous dévore, se repaît de nous, se délecte de notre temps, et nous fait détester la moindre goutte de pluie qui nous retarde, la moindre minute d’obscurité qui nous empêche d’allonger le pas. Les journées sont longues. Les semaines ne finissent pas. L’une pousse l’autre. Il y a des infinis d’épinards, des mers de patates et le bleu des poireaux au fond de nos rétines. Des nuits courtes, des dimanches qui n’en sont pas, des haricots qui nous attirent. Les semaines sont des dodos avant les vacances. Ce n’est pas le moment de nous agacer. Ce n’est pas le moment d’avoir un bobo. Les nuits fraîches marquent nos courgettes, notre basilic et nous rêvons presque des premières gelées qui casseront notre rythme d’enfer. Point de lapin blanc mais nous courons après le temps, les légumes, nos têtes. Vite, vite, nous n’allons pas assez vite. Ce n’est pas le moment de penser aux poivrons qui commencent à rougir, aux concombres qui finissent leur saison et aux épinards qui nous submergent. Chaque jour, sa peine. Chaque jour, son imprévu. La pluie qui repousse l’arrachage des dernières pommes de terre et nous empêche de sortir la machine à haricots parce qu’elle est trop lourde et s’enfonce. Alors les patates seront pour demain peut-être et les haricots n’attendront que nos bras… Nos yeux seront sur les épinards, les garçons prépareront pour les dernières plantations et encore d’autres haricots, et encore des poireaux, céleris, navets, radis, radis noirs, tomates, courgettes, pommes de terre, salades, etc… etc… etc…

Vous l’aurez compris, et nous l’avions dit, l’automne est beau et nos journées sont infinies…

Merveilleuse semaine !

La gazette du 4 au 8 septembre 2017

lundi 4 septembre 2017

ciel d'orage chez SARL Renard, maraîcher bio 78Des bleus gris envahissent souvent notre ciel, déversant quelques gouttes de rage. Nous apprenons à jouer avec, estimant le temps avant craquement pour courir vers les imperméables… et quand le soleil joue avec les pétales des fleurs, s’amusant à flirter avec la transparence, la journée baigne de bonne humeur.toile d'araignée chez SARL Renard, maraîcher bio, 78

 

Les épinards s’étirent et nous décidons de courir après, laissant la tétragone sur le bord pour cette semaine. L’herbe grignote les bettes et le persil, alors nous tendons les mains pour contenir le problème. Les patates réclament notre attention et l’ont le lundi uniquement, parce que leurs cousines, nos Précieuses, sont rouges pour nous montrer l’urgence. Les courges se découvrent parmi leur feuillage qui devient sec. Les heures se perdent entre arrosage et binage, se gagnent entre récoltes et plantations. Les minutes sont précieuses pour finir un rang et souvent, nous nous essoufflons en listant tout ce qui n’est pas encore fait et devrait l’être avant la fin de la semaine…

Mais nous le savons, cette période est toujours très chargée et nous commençons le compte à rebours du nombre de dodo avant que la nature nous laisse quelques répits en s’endormant…

Merveilleuse semaine !

La gazette de Céline du 28 août au 1er septembre

lundi 28 août 2017

Septembre se profile et la saison de la chasse s’annonce… même chez nous !
Carlos part à la chasse à la biche et son faon en commençant par couvrir les grosses salades dont le cœur disparaissait sous leurs quenottes, et comme ils marchent quand même partout pour grignoter les bébés salades, Carlos laisse la radio allumée toutes les nuits au milieu des salades. Ce qui a marché, sauf que maman Chevreuil et son bébé n’en ont pas peur et viennent maintenant grignoter, à leur tour, les salades au pied du poste… Carlos se dit vivement l’ouverture de la chasse et en attendant, met des clôtures électriques partout…

Le grand Chef part à la chasse aux patates. A l’aube, à l’heure où blanchit la campagne, il attend… sur son tracteur, la machine prête, paré à toutes éventualités. Surtout les bonnes, parce que, cette année, il le sent, cela va être bien.
Nous, nous sommes sur le pied de guerre. Prêts à avaler la poussière, à ramper sous la machine, à manquer perdre un doigt, à avoir mal au dos, à profiter de la première panne, de la deuxième, de la troisième, à entendre des noms d’oiseaux, à rouler ventre à terre chercher une pièce, à déclarer forfait, à avoir chaud, soif, à être exténués, à plisser le nez à cause d’une patate pourrie, à papoter, à hurler parce qu’il aura accéléré, à ne plus savoir si ce sont les cailloux ou les patates qu’il faut enlever, à bénir la pluie, à attendre le crépuscule, à les trouver belle et à crier victoire quand elles seront toutes ramassées.

Parce qu’enfin, le Grand Chef respirera et que nous aurons presque l’impression d’avoir fini la saison… mais en attendant « action » !
Merveilleuse semaine !

La gazette de Céline du 21 au 25 août 2017

lundi 21 août 2017

tracteur sarl renard, maraîcher bio, 78Le Grand Chef est revenu de vacances et a repris ses habitudes auprès de ses pauvres Sherpas, c’est-à-dire nous… A peine arrivé qu’il nous fallait remplacer les socles de sa charrue et savoir si le chèque d’acompte a été tiré pour les pièces de la machine à pommes de terre parce que la facture n’en tenait pas compte et qu’il n’allait tout de même pas leur en donner trop… Bien sûr, tout cela séance tenante et ventre à terre, nous oublions l’herbe des fenouils et de la chicorée, tant pis si nous perdons le fil dès le lundi, il est là (et bien là !). Les patates fredonnent au loin, elles sont belles (comprenez grosses et surtout pas malades !), elles veulent être arrachées et lui ne rêvent que d’elles…

Nous, nous essayons de boucler le reste en galopant. Ces petites choses qui font une semaine comme tailler les tomates, arracher quelques orties, couper les quelques légumes qui traînent, la fourche d’un côté pour extirper les carottes du sol, la binette de l’autre pour décapiter ce qui peut l’être en vilaines herbes. Nous marmonnons, nous râlons… et nous décompressons en donnant des p’tits noms aux chariots. Parce qu’il y a un peu plus que trois haricots à venir, parce que nous aimons bien l’apéro et faire la couleuvre quand l’astre coule derrière la forêt, parce que les tomates sont encore nombreuses.

Mais comme nous sommes super trop forts (et qu’il n’en doute pas un instant, le bougre !), nous aurons le temps d’ouvrir et fermer les serres, remonter la machine avaleuse de patates et de récolter tous nos petits légumes…

Merveilleuse semaine !

La gazette de Céline du 14 au 18 août 2017

lundi 14 août 2017

Quand Août se déguise en Novembre….

novembre en août chez SARL Renard, maraîcher bio, 78Nous voulions de l’eau et nous avons un beau mois de Novembre. Nous n’avons pas encore remis les parkas (adieu bronzage !) parce que le thermomètre nous dit que ce n’est pas encore le moment, mais nous rêvons de feu de cheminée, de soupe bien chaude (peut-être à force de désherber choux et poireaux ?!) et d’un bon livre…

C’est une mini-hibernation avant la folie de la rentrée, un moment de repos parce que nous le savons, dans 1 semaine, nous ne laisserons plus traîner un haricot, ni une tomate et écumerons le carré de céleri rave à la recherche des plus gros, sans oublier les poireaux (notre mer imaginaire) que nous arracherons à la terre… Nous avons fait une petite beauté aux futurs concombres (qui nous chuchotent qu’ils aimeraient bien une p’tite laine avec leurs copines les courgettes…)

Bref, nous sommes un peu sur le pied de guerre. Les radis se sèment toutes les semaines, les herbes sont en place pour cet hiver, les dernières carottes presque hors du paquet pour de jolies bottes hivernales… et l’Ancêtre a même repris du poil de la bête et nous lui laissons la ciboulette, parce qu’après avoir eu tout un été avec des bottes de carottes made in Super Carlos, vous aurez un peu l’impression d’être au régime sec…

Merveilleuse semaine !